La deportation des enfants juifs de France

 Les enfants juifs déportés dans les camps d’extermination nazis sont systématiquement sélectionnés pour être assassinés, sauf rares exceptions. En octobre 1943, Heinrich Himmler, chef de la SS, justifiait froidement cette politique génocidaire : «Je pense qu’il n’y aurait pas de justification à l’extermination des hommes si on autorisait leurs vengeurs, sous la forme de leurs enfants, à grandir au milieu de nos fils et petits-fils.»

Les enfants n'ont pas été épargnés par cette guerre. 

Année

de naissance

Age lors

de la

déportation

Nombre

d'enfants

1944

- de 1 an

15

1943

1 an ou -

105

1942

0 à 2 ans

174

1941

1 à 3 ans

288

1940

2 à 4 ans

275

1939

3 à 5 ans

443

1938

4 à 6 ans

475

1937

5 à 7 ans

471

1936

6 à 8 ans

484

1935

7 à 9 ans

492

1934

8 à 10 ans

581

1933

9 à 11 ans

595

1932

10 à 12 ans

696

1931

11 à 13 ans

723

1930

12 à 14 ans

725

1929

13 à 15 ans

748

1928

14 à 16 ans

847

1927

15 à 17 ans

881

1926

16 à 18 ans

936

1925

17 à 19 ans

961

1924

18 à 20 ans

1004

Total

11919


Tableau réalisé d'après les listes de déportés de Drancy, établi par Serge Klarsfeld au Mémorial de la Déportation des Juifs de France. Le chiffre total est un peu plus élevé : en effet, il y a 3 277 déportés (20 %) dont on ne connaît pas l'âge. Le chiffre réel serait plutôt autour de 14 000 enfants juifs déportés de France.

Selon la politique génocidaire nazie, tous les Juifs doivent mourir, y compris les enfants.
Aucun ne doit être épargné.
Dès la seconde moitié de l’année 1941, les Juifs sont tués dans les ghettos ou par des unités de tueries mobiles ; à partir de 1942 ils sont déportés en Pologne vers six centres d’extermination.
Au total, ce sont plus de 1250000 enfants juifs qui perdent la vie.
En pourcentage, cela signifie, qu’à la Libération, il ne reste plus en Europe que 6 à 11% d’enfants juifs survivants.