La "fascisation" de Vichy

La nouvelle situation après le 11 novembre 1942

Vichy continue à exister malgré l'occupation totale du pays, de plus en plus soumis aux Allemands, mais en même temps de plus en plus répressif au service de l'occupant : la police et la gendarmerie, après avoir arrêté des milliers de juifs, chasse les communistes, résistants, les réfractaires du STO, les maquisards, doit renseigner la Gestapo. Policiers et gendarmes commencent à douter de leur mission (à Grenoble, nombreux passent de fait à la résistance).
Les collaborationnistes (Français pronazis) entrent au gouvernement (Doriot, Henriot…).

Un Etat policier

La Légion des Combattants crée un service d'ordre (le Service d'Ordre Légionnaire) d'où nait la milice en janvier 1943 : instrument de répression de la Résistance (assassinats de résistants, renseignement et dénonciations pour les Allemands), elle symbolise la transformation de Vichy en un Etat fasciste, de plus en plus complice de l'occupant, et par là de plus en plus impopulaire.
Les policiers et la milice sont envoyés contre les maquis (Glières, Vercors).

La fin pitoyable : Sigmaringen

En août 1944, les derniers fidèles autour de Pétain et les "ultras" de la collaboration partent dans les bagages des Allemands en fuite qui les installent à Sigmaringen, près de la Suisse. Certains seront parmi les défenseurs de Berlin en avril 45. Pétain passe en Suisse, puis se rend en mai 1945. Condamné à mort, gracié par De Gaulle (Verdun et le grand âge) il meurt dans sa prison assez confortable de l'île d'Yeu en 1952, à 96 ans.

Au fond, un régime de revanche politique et sociale qui a profité de la défaite pour mettre pour la première (et la dernière ???) fois l'extrême droite au pouvoir en France.
Longtemps étouffée par le mythe d'une France résistante, réveillée par l'historien américain Paxton, l'histoire de Vichy est aujourd'hui mise au clair : régime réactionnaire au départ plus proche de Franco en Espagne ou Salazar au Portugal, il devient de plus en plus fasciste par ses méthodes (la milice) et le pouvoir donné aux groupes les plus proches du nazisme par leur anticommunisme et leur antisémitisme.