Erwin Rommel

Né le 15 novembre 1891 à Heidenheim, sa mère, Helena von Luz, est la fille du président du gouvernement du Wurtemberg. Il a une sœur aînée, Hélène, et deux frères cadets, Karl et Gerhard. Dès son plus jeune âge, il aspire à devenir militaire. Sa sœur le décrit comme : «un enfant très gentil et docile, qui tenait beaucoup de sa mère».

Passionné d'histoire, il n'est, en revanche, pas très attentif dans le reste des matières, son côté rêveur et rebelle fait de lui la tête de turc du lycée d'Aalen, dont son père est le directeur.
Il a du mal à s'accoutumer à la discipline assez rigide, plus stricte que dans l'école de sa petite enfance.

En 1904, à douze ans, Erwin change radicalement, il se met à travailler dans toutes les matières, dont les mathématiques pour lesquelles il a un réel talent. Il se met aussi au sport.

Il se découvre aussi une passion pour l'aviation naissante, et aimerait devenir pilote dès sa scolarité finie, mais devant le refus de son père, en 1910 il s'engage enfin dans l'armée, comme élève officier.

C'est en tant que cadet qu'il rentre au 6e bataillon du 124e régiment d’infanterie, à Weingarten ; il reçoit en 1912 son brevet de lieutenant.

Le 22 août 1914, le régiment de Rommel, est engagé dans des combats près de Longwy.
Il s'avère être très vite un excellent soldat, qui tient tête aux forces militaires adverses.

Le 29 janvier 1915, il reçoit la croix de fer de 1re classe pour une action d'éclat avec son régiment lui permettant de prendre quatre fortins et une position perdus la veille par les Allemands. En milieu d'année, il est promu lieutenant et blessé une seconde fois à la jambe.

Le 9 novembre 1917, Rommel parvient à s'emparer du village de Longarone après avoir traversé avec son régiment les eaux glacées du fleuve à l'aide de cordes.
Cette action lui vaut d'être le plus jeune officier décoré de la médaille «Pour le Mérite», qui était habituellement donnée à des généraux.

En janvier 1918, Rommel à son grand regret est affecté à l'état-major du front français.

Comme bon nombre d'officiers du Reich, il considère l'armistice du 11 novembre 1918 comme étant une trahison des politiques vis-à-vis de l'armée car, pour lui, l'armée allemande n'a pas été réellement vaincue.

En juin 1919, le traité de Versailles est ressenti par Rommel comme une humiliation supplémentaire pour son pays.

Le 1er juillet 1919, le capitaine Rommel prend le commandement d'une compagnie de sécurité intérieure à Friedrichshafen.
Cette compagnie est composée en majorité d'anciens marins dits «rouges» qu'il a la charge de faire rentrer dans le rang et de transformer en parfaits soldats.
La première fois que Rommel leur apparaît, bardé de décorations, ils se mettent à le huer, veulent élire un commissaire politique et tiennent un meeting révolutionnaire. Rommel demande à y prendre la parole. Il fait un discours assez court disant qu'il compte bien commander à des militaires et non à des criminels.

Après la Première Guerre mondiale, il demeure dans la Reichswehr, chef d'une compagnie du 13e régiment d'infanterie casernée à Stuttgart.
Rommel reste profondément légaliste et respectueux de la République de Weimar.

En septembre 1927, Rommel fonde une association nationaliste des anciens combattants du bataillon de montagne du Wurtemberg.

Le 1er octobre 1929, Rommel est nommé instructeur à l'école d'infanterie de Dresde, poste qu'il occupera durant quatre ans.

En septembre 1927, Rommel fonde une association nationaliste des anciens combattants du bataillon de montagne du Wurtemberg.

Le 1er octobre 1929, Rommel est nommé instructeur à l'école d'infanterie de Dresde, poste qu'il occupera durant quatre ans.

Le 10 octobre 1933, Rommel reçoit le commandement du 3e bataillon des chasseurs de Goslar du 17e régiment d'infanterie.
Cette unité d'élite passe pour être l'une des meilleures du jeune Reich.
Dans une lettre, Rommel commente la prise du pouvoir par les nazis en 1933 : «L'arrivée au pouvoir d'Hitler est une chance pour le pays. Il semble être appelé par Dieu afin que le Reich retrouve sa puissance séculaire. L’armée ne peut que se réjouir de cette nouvelle. C'est un grand jour pour l'Allemagne».

En juillet 1935, il rencontre pour la première fois Adolf Hitler à Goslar lors d'un défilé militaire. Hitler félicite Rommel pour l'excellente tenue de ses hommes.

Le 15 octobre 1935, Rommel est promu lieutenant-colonel et nommé instructeur à l'Académie de Guerre de Potsdam.

En 1937, il publie un manuel destiné aux soldats allemands : «Die Infanterie greift an» (L’Infanterie attaque).

En avril 1937, Rommel reçoit, la charge d'entraîner les Jeunesses hitlériennes, afin de renforcer le lien entre l'organisation des Jeunesses et la Wehrmacht.


Début octobre 1938, Rommel est promu colonel et commande temporairement le bataillon chargé de la sécurité du Führer. La proximité d’Hitler, que lui donne cette mission de protection, convainc Rommel des qualités «exceptionnelles d'Hitler».
Rommel, confiant dans les capacités d'Hitler, pense qu'il arrivera à éviter le conflit généralisé en Europe.

Il participe à l'invasion des Sudètes.

En novembre 1938, Rommel est nommé directeur de l'Académie de guerre Wiener-Neustadt située au sud-ouest de Vienne.

En-mars 1939, il est à nouveau chargé de la sécurité du Führer.




 

 


 

Rommel avec Hitler, en Pologne - Septembre 1939

 

 


Le 23 août 1939, Hitler nomme Rommel général et le fait affecter à son quartier général, toujours chargé de commander le bataillon assurant sa sécurité.

Entre mai et juin 1940, Rommel entame sa deuxième guerre mondiale, en tant que commandant de la 7ème division blindée lors de l'invasion de la France.

Le 15 juin 1940, la 7e Panzer attaque Cherbourg, qui capitule après seulement trois jours de combat. Rommel capture trente mille soldats, dont un préfet maritime, l'amiral Jules Le Bigot et surtout le commandant des forces navales du Nord, à savoir l'amiral Abrial.




 

 

 

 


 

Rommel à Cherbourg – juin 1940

 

Après la Campagne de France, Rommel est nommé commandant des forces militaires allemandes en Afrique du nord (Afrika Korps).
Dans les Etats-Majors Alliés et allemands il bénéficie d’une grande réputation de stratège. Le monde militaire le surnomme «le Renard du désert».

Après la défaite des Alliés en Libye, il atteint El-Alamein en juin 1942. Il est promu au grade de Maréchal.

En mai 1943, mystifié par l'opération «Mincemeat» (chair à pâté), Hitler envoie le Feldmarschall Erwin Rommel à Athènes avec plusieurs divisions, convaincu que l'opération Husky (nom de code donné au débarquement des troupes britanniques, américaines et canadiennes en Sicile) aura lieu en Grèce.


Le 5 novembre 1943, après lui avoir retiré l'Afrika Korps, il est nommé inspecteur des fortifications à l'Ouest (le mur de l'Atlantique) construit pour tenter d'interdire le débarquement des Alliés.


 

 

 

 

 

Erwin Rommel inspectant les défenses allemandes de l'Ouest, début 1944



Le 15 janvier 1944, il est nommé chef du groupe d'armées B situé en Normandie, chargé de la défense des côtes de la Manche d'une invasion alliée. Il installe alors son quartier-général au château de la Roche-Guyon, sur une boucle de la Seine, au nord-ouest de la région parisienne.

Le 6 juin 1944, jour de l'invasion, Rommel ne se trouve pas en Normandie, Dans la journée, il rentre à son poste de commandement à la Roche-Guyon et tente de repousser les forces débarquées à la mer, mais il sait qu'il est déjà trop tard.

Le 17 juillet 1944, alors qu'il revient d'une inspection du front allemand, des avions de chasse pilotés par des aviateurs alliés mitraillent son véhicule à la hauteur de Vimoutiers. Le conducteur de la voiture est tué sur le coup et Rommel échappe de justesse à la mort.

Le 20 juillet 1944 a lieu l'attentat contre Hitler. Rommel, qui avait encouragé toutes les tentatives visant à supprimer le Führer, se voit limogé de son poste et sa carrière militaire se termine.

Accusé de complicité dans le complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, il préféra s'empoisonner.

Le 14 octobre 1944, il est conduit à l'hôpital d'Ulm en Allemagne, où il meurt après avoir avalé du poison. Le général Burgdorf interdit au médecin-chef, le Dr Mayer, de pratiquer une autopsie en disant : «Ne touchez pas le cadavre, tout est réglé de Berlin.» On expliqua à madame Rommel que la mort était due à une embolie.

Quatre jours plus tard, le 18 octobre 1944, la cérémonie funéraire a lieu à l'hôtel de ville d'Ulm.
Hitler offre à Rommel des funérailles nationales, dans le but de masquer la vérité et de ménager l'opinion publique.
L'Allemagne célèbre de grandioses funérailles en l'honneur d'un chef militaire très apprécié par le peuple germanique. Le Generalfeldmarschall von Rundstedt est chargé de représenter Hitler. Il lit un discours qui contient cette affirmation pathétique : «Son cœur appartenait au Führer».

Erwin Rommel est l'un des seuls chefs militaires de l'Allemagne qui n'a pas été impliqué dans des affaires de crimes de guerre. Il reste, dans l’Histoire, comme l'une des figures militaires légendaires de la Seconde Guerre mondiale.