Joachim von Ribbentrop

Né le 30 avril 1893 à Wesel, en Allemagne, le jeune von Ribbentrop, suivant les affectations de son père, un officier de carrière, passe quatre années à Metz. Il quitte la ville en 1908 lorsque son père est dégradé pour avoir critiqué le Kaiser Guillaume II. S’ensuit alors une vie errante, entre l’Allemagne, la France, puis le Canada en 1910.

En 1912 Ribbentrop travaille à la construction du pont de Québec, comme manœuvre. Il devient trilingue (allemand, anglais, français). Puis il va exercer divers métiers dont celui d'importateur de vins, champagnes et spiritueux.




Lorsque la Première Guerre mondiale est déclenchée, il rentre en Allemagne en passant par la Hollande et s'engage comme soldat. Il est blessé en 1917.

En 1932 il rejoint le NSDAP, où ses liens avec le milieu politique traditionnel sont appréciés.

En 1933 Ribbentrop est nommé Standartenführer-SS. Il est alors l'ami d’Heinrich Himmler.

En janvier 1933, Ribbentrop organise des négociations pour la nomination d'Adolf Hitler comme chancelier

En 1935, Ribbentrop devient ministre sans portefeuille et conseiller officieux d’Hitler pour les affaires étrangères. Il accroît son influence en prenant systématiquement le parti le plus extrême, le seul que voulait entendre Hitler.

En juin 1935, il négocie, sur un coup de bluff, un accord naval germano-britannique permettant au Troisième Reich d’accroître sensiblement sa flotte, et de fait le réarmement du pays.
Il devient le spécialiste du Parti nazi pour la diplomatie, et augmente son influence sur Hitler.

En 1936 il est nommé ambassadeur à Londres.

En 1938 il devient ministre des Affaires étrangères.

Ribbentrop joue un rôle essentiel dans le rapprochement entre Hitler et Mussolini qui aboutit au «Pacte d'Acier» signé le 22 mai 1939.

Il est l'artisan, avec Viatcheslav Molotov, du Pacte germano-soviétique (de non-agression) signé le 23 août 1939 qui aboutit notamment à la fin de l'année 1939 à la partition de la Pologne entre les deux puissances.

Ribbentrop ne pousse pas au déclenchement de la guerre contre l'URSS en 1941, mais ne fait rien pour l'empêcher par servilité vis-à-vis d'Hitler.

Hitler ne s'embarrassant plus de précautions diplomatiques, au fur et à mesure que la guerre se poursuit, l'influence de Ribbentrop diminue.
Hitler le marginalise, mais le maintien dans son entourage où il est fréquemment moqué. Ribbentrop aménage un train qui suit tout le temps Hitler dans ses déplacements, pour se montrer avec lui.
 





 

 

 

Hitler et Ribbentrop

 

 

En 1944, la population du Reich le méprise souverainement pour sa politique qui n'a pas su éviter la guerre.

Au début de l'année 1945, il tente de négocier une paix séparée. Cette tentative tourne court, en raison du refus d’Hitler à toute négociation, et sa propre répugnance à braver ouvertement le dictateur.

Mené par la classe sociale à laquelle il cherchait à s'identifier, il est complètement exclu du complot du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler.

Le 30 avril 1945, Ribbentrop est démis de ses fonctions lors de la constitution du cabinet Goebbels.
Il souhaite cependant continuer à jouer un rôle dans le gouvernement qui se met en place dans le Nord du Reich, et définit dans un écrit, comment il voit le futur du continent européen

Au moment de son arrestation, il adresse une lettre à Churchill pour le mettre en garde contre le risque de voir le bolchevisme se répandre en Europe.

Lors du procès de Nuremberg, il nie toute responsabilité au sujet des camps de concentration.
C'est le procureur français Edgar Faure qui mène le contre-interrogatoire.

Il est condamné à mort pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crime contre l'humanité.

Ribbentrop est le premier des condamnés à être exécuté par pendaison dans la nuit du 16 octobre.