Alfred Rosenberg

 

Né le 12 janvier 1893, à Reval (aujourd'hui Tallinn), dans une famille germano-balte.
Alfred Rosenberg entreprend des études d'ingénieur-architecte à l'École impériale technique de Moscou.

En 1918 il fuit la Révolution bolchévique et s'établit à Munich, où il fréquente l'ordre de Thulé se ralliant alors aux doctrines raciales de Dietrich Eckart, qui le présente à Adolf Hitler. Il devient un des plus fervents partisans du national-socialisme.
En 1920, il est rédacteur en chef du Völkischer Beobachter, organe du parti nazi.


Il publie en 1922 Peste en Russie ! le bolchévisme, ses dirigeants, ses exécutants et ses victimes, ouvrage qui, en identifiant bolchévisme et Juifs, marque Hitler.

En 1923 il participe au putsch manqué de Munich.
Hitler, emprisonné, le désigne pour le remplacer à la tête du parti. Il lui rend visite en prison et aurait influencé certaines parties de Mein Kampf.

Devenu idéologue du parti national-socialiste, il diffuse l'antisémitisme par le biais des Protocoles des Sages de Sion.

Il développe ses théories raciales et antichrétiennes dans le Mythe du vingtième siècle, édité en 1930. Pour lui, la «race» est le principe déterminant la science, l'art et la culture, au point de considérer le Juif comme issu d'une anti race (Gegenrasse).

En 1933, après la prise de pouvoir, il est écarté de tous les postes ministériels, et doit se contenter d'un rôle secondaire aux Affaires étrangères du parti.

En 1934 il est nommé à la tête de la recherche au sein du NSDAP.
Il développe la recherche nazie vers l'archéologie et l'ethnographie. Avec l'appui de Hans Reinerth, il développe au sein de son bureau, le Rosenberg Amt, une fédération de la Préhistoire allemande du Reich.
Sous la houlette de Rosenberg, cette fédération connaît jusqu'en 1937, des succès indéniables.

A partir de 1940, il est chargé de la confiscation des œuvres d'art et des bibliothèques volées aux Juifs à travers l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, dirigé, à Vilnius, par le Dr Muller.
En France, quinze jours après l'armistice, le général Vollard-Beckenberg commandant la place de Paris, reçoit une note ordonnant «de recenser et de mettre en sûreté les objets d'art et documents historiques appartenant à l'État français ou à des particuliers, notamment à des Juifs».
Quelques jours après, Rosenberg est chargé par Hitler de récupérer et d'acheminer vers l'Allemagne toutes les œuvres d'art intéressantes. La première collection visée, est celle des Rothschild, cachée dans les domaines de Château Lafite et de Château Mouton Rothschild.

 

 



 

 

 

 

 

Adolf Hitler et Alfred Rosenberg en 1938



 

En juillet 1941, Rosenberg est nommé par décret d'Hitler «ministre du Reich pour les territoires occupés de l'Est», chargé de planifier la réalisation du Generalplan Ost, et de superviser l'administration civile à travers les Reichskommissariat.
Néanmoins, comme il le dit, Rosenberg est un souverain sans pays ni sujet, ses compétences ministérielles étant réduites à peau de chagrin : passant pour un illuminé, mais entouré d'une administration compétente, composée pour une part non négligeable de Germano-Baltes.
Il doit composer avec les services de Goering qui a la charge de l'économie, d'Himmler qui a la charge de la sécurité policière ainsi qu'avec les hauts commandements militaires.
L'absence d'accès direct à Hitler, dont les visiteurs sont sévèrement contrôlés par Lammers et Bormann, qui lui est hostile, le prive dans les faits d'une partie de ses prérogatives.
Entre avril 1941 et octobre 1943, Rosenberg rencontrera Hitler seize fois.

A partir de mars 1943, il n'a plus de représentant personnel auprès de Hitler pour faire valoir le point de vue de l'administration qu'il dirige.
Par ailleurs, l'autorité réelle du ministre dans les commissariats de l'Est est constamment remise en cause par les pratiques sur le terrain. Sans grand succès ainsi, il tente de lutter contre la corruption des fonctionnaires allemands en poste.
Peu soutenu par Hitler, ses directives ne sont pas appliquées.
Soutenu cependant par les cadres territoriaux mis en place dans les districts et par des officiers en poste, Rosenberg voit ses vues politiques clairement désavoués par Hitler en mai 1943.

Sa tâche de ministre du Reich se réduisit bientôt à rédiger des textes que personne ne lisait, des mémorandums qui ne franchissaient pas les portes de ses services, des protestations dont nul ne prenait plus connaissance.

Le 12 octobre 1944 il démissionne, mais tout porte à croire qu'il n'a reçu aucune réponse, ce qui témoigne une nouvelle fois de l’inexistence de son influence politique.

Au procès de Nuremberg, il est condamné à mort après avoir été reconnu responsable des massacres organisés dans les pays à l'Est de l'Allemagne, pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Quand on lui demande s'il a quelque chose à déclarer avant son exécution, il répond «Non».

Il est pendu le 16 octobre 1946.