Rudolf Hess

Né le 26 avril 1894 à Alexandrie en Égypte dans une famille de commerçants européens (mère britannique et père allemand), il sert dans l'armée allemande lors de la Première Guerre mondiale. Il est blessé à plusieurs reprises et tente d'entrer dans l'armée de l'air, mais la guerre s'achève avant qu'il ne puisse piloter.
Rudolf Hess adhère au NSDAP dès sa création en 1919.
Il rencontre Adolf Hitler en 1921 et tombe rapidement sous son influence.
Lorsqu’Hitler prend la direction du NSDAP, il devient son secrétaire particulier.

En 1923 Rudolf Hess participe au putsch de la brasserie à Munich. Après l'échec de la tentative de coup d'État, il est emprisonné avec Hitler dans la prison de Landsberg et l'aide à la rédaction de Mein Kampf.

À sa sortie de prison, Rudolf Hess occupe une position privilégiée en tant qu'adjoint d'Hitler lors des premières années du mouvement nazi, mais son influence se réduit petit à petit dans les années 1930 lors de l'arrivée au pouvoir du parti nazi.

En 1933, Hitler le considère publiquement comme son dauphin, puis comme le 3e homme du régime après Goering. Rudolf Hess engage comme secrétaire personnel Martin Bormann (qui devint Conseiller de Hitler, et l’un des hommes les plus puissants du Troisième Reich) et représente le Führer dans des manifestations mineures.

En 1935, il participe activement à la rédaction des lois de Nuremberg.

La marginalisation de son rôle politique s'accroît lors des premières années de la Seconde Guerre mondiale, qui focalise toute la gloire populaire sur les lieutenants d'Hitler : Hermann Goering, Joseph Goebbels et Heinrich Himmler.
En 1939, il est nommé membre du Conseil de la défense du Reich.

En 1940, il assiste Hitler lors de la signature de l'armistice français à Rethondes.

Le 10 mai 1941, Rudolf Hess prétend vouloir essayer un Messerschmitt Bf 110 et détourne l'avion jusqu'au nord du Royaume-Uni. Essuyant des tirs de DCA, il saute en parachute à Ayrshire et est immédiatement arrêté par les autorités britanniques.
Il demande alors à rencontrer le Duc d'Hamilton qu'il dit connaître depuis une visite officielle du Prince de Galles en Allemagne avant la guerre. Il pense que le Duc serait un bon médiateur, au service de lord Halifax, opposant et successeur potentiel de Winston Churchill.
Les services secrets avaient encouragé le premier ministre britannique à accepter d'ouvrir des discussions avec des représentants de l'Allemagne nazie pour laisser penser qu'une paix était envisageable. Pour rendre crédible cette opération, la stratégie consistait à laisser croire qu'une fois que Winston Churchill serait mis en opposition à la Chambre des Lords, Lord Halifax - son successeur le plus crédible - accepterait de négocier un arrêt des hostilités. A cette époque, l'Empire britannique supportait seul l'effort de guerre et la politique de Churchill était très critiquée. Une partie de la classe politique, menée par Lloyd George, souhaitait l'arrêt des hostilités afin de préserver l'Empire.
Rudolf Hess est emprisonné quelque temps à la tour de Londres. Hitler prétend alors que Hess est devenu fou, et qu'il a agi de sa seule initiative. Toutefois, le colonel SS Otto Skorzeny affirme dans son livre «La guerre inconnue» qu’Hitler était parfaitement au courant du projet de Rudolf Hess de partir négocier en Grande-Bretagne.
Martin Bormann lui succède au poste d'adjoint et Hess passe le reste de la guerre au Royaume-Uni.

Rudolf Hess est jugé au cours du procès de Nuremberg pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Au cours du procès, il ne se reconnaît coupable d'aucun de ces crimes et se dit même fier d'avoir servi son maître, Adolf Hitler, et le peuple allemand. Il va jusqu'à invoquer son action en Écosse où il avait tenté, selon lui, de mettre fin à la guerre entre l'Allemagne et le Royaume-Uni, au péril de sa vie, et avait été emprisonné pour cela.
Des quatre chefs d'accusation, seuls sont retenus le complot et les crimes contre la paix.
Il est condamné à la prison à perpétuité, sanction qui sera appliquée sans remise de peine.
Pendant les années qui suivent, il est le prisonnier «numéro 7». Après les libérations de Baldur von Schirach et d'Albert Speer en 1966, il reste le dernier prisonnier de la prison de Spandau (Berlin-Ouest). Ses aumôniers affirment que contrairement aux idées reçues, Hess n'avait rien d'un fou, ou d'une personne psychologiquement fragile.

Il meurt à Spandau en 1987 à 93 ans, pendu à un fil électrique.
Sa mort est classée comme un suicide, bien que son fils Wolf Rüdiger Hess ait toujours défendu la thèse d'un assassinat perpétré par les SAS ou la CIA. La thèse de l'assassinat est défendue par la famille de la victime, ainsi que par les néonazis qui voient à travers cette mort un martyr nazi. Les médecins légistes anglais confirment néanmoins la thèse du suicide.
Après la mort de Hess, la prison de Spandau fut détruite.

 

 

 

 

 

 

 

Hitler et Rudolf Hess