La solution finale de la question juive


De 1939 à 1941, les Juifs subissent des violences (exécutions sommaires, incendies de synagogues), mais également des rafles et des déportations en direction de Lublin (Pologne), qui doit servir de décharge pour les parquer. Le projet d'expulser tous les Juifs vers Madagascar s'avérant irréalisable, il est bientôt abandonné, tout comme celui de Lublin. (Le Plan Madagascar fut un plan du Troisième Reich visant à envoyer de force 4 millions de juifs d'Allemagne, de ses pays alliés et de ses territoires conquis, à Madagascar, alors colonie française).

Un premier ghetto est créé à Lodz en 1940 (150000 personnes), d'autres à Cracovie, Lublin et Varsovie (500000 personnes dans des conditions abominables).

En 1941 se produit un tournant décisif : la guerre contre l'Union soviétique. Hitler voit le conflit comme une guerre d'anéantissement et une guerre idéologique : la confrontation ultime avec le judéo-bolchevisme. C'est l'occasion à la fois de conquérir l'espace vital à l'est et d'éliminer les Juifs, « éternels ferments de corruption ».

Au début de 1941, la politique de l'Allemagne à l'égard des Juifs se trouve dans une impasse : plus le Reich remporte de succès militaires, plus le nombre de Juifs s'accroît dans les territoires qu'il domine. L'invasion de l'URSS, qui risque de gonfler ce chiffre, nécessite une réponse : la politique d'extermination. Une politique planifiée, calculée et impitoyablement exécutée. Ainsi, la stratégie raciale nazie s'est radicalisée par étapes, la guerre servant à la fois de moteur et de justification à l'anéantissement des Juifs.

En 1941 sont prises trois décisions capitales :
a) la création de forces mobiles spéciales (Einsatzgruppen), chargées de fusiller sur place, sans jugement, les membres du parti communiste et tous les Juifs, hommes, femmes et enfants, des territoires conquis. En quelques mois, ces massacres font plusieurs centaines de milliers de victimes.
b) la « solution finale de la question juive », qui s'étend à l'Europe entière, concerne la liquidation physique de tous les Juifs du continent européen. Cette démarche a été arrêtée au plus haut niveau de l'appareil d'Etat, avec la participation directe d’Hitler. Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee, réunit tous les services concernés, et organise la mise en application de la « solution finale ».
c) la création de camps d'extermination, qui doivent servir à la mise à mort massive, rapide et discrète de millions de personnes. Un premier camp commence à fonctionner à Chelmno (Pologne) avec des camions dont les gaz d'échappement asphyxient les personnes entassées à l'arrière. A partir de 1942, le génocide prend une ampleur industrielle et l'usage du gaz devient la règle, comme naguère sur les malades mentaux.

Outre Chelmno, les camps de Belzec, Sobibor, Treblinka, Maïdanek et Auschwitz-Birkenau, ont reçu des déportés qui, dès leur arrivée, étaient pour la plupart conduits directement aux chambres à gaz pour y être tués au Zyklon B. Leurs corps étaient ensuite brûlés dans des fours crématoires pour faire disparaître les traces du crime. Rien qu'à Auschwitz, plus d'un million de Juifs ont été gazés, pour la seule raison qu'ils étaient juifs.

Ainsi, de début 1942 à novembre 1944 (quand les nazis cessent les gazages à Auschwitz et détruisent les chambres à gaz et les crématoires), le judaïsme européen s'est trouvé en entier voué à l'anéantissement : Juifs polonais, allemands, français, grecs, hollandais, belges, roumains, hongrois, yougoslaves, italiens, autrichiens, russes, lithuaniens, tchèques, …

Lorsque les Alliés libèrent les camps de la mort, près des deux tiers des Juifs d'Europe, soit environ six millions de personnes, ont péri dans la Shoah (mot hébraïque qui signifie « catastrophe » et qui est, avec celui de « génocide », à préférer à « holocauste », qui définit un sacrifice religieux par le feu, sans rapport avec le meurtre systématique et massif des Juifs).