Le pacte germano-sovietique

Convaincu par son ministre des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, Hitler pense qu’il est nécessaire d’opérer un rapprochement avec Staline, en vue du dépeçage de l'Europe centrale.

Le 21 août 1939, Berlin propose officiellement à l'URSS un pacte de non-agression sous le prétexte de mettre un terme aux provocations... de la Pologne.

Ce pacte peut paraître contre nature en 1939. En effet, Hitler se faisait le champion de l'antibolchevisme et Staline voulait lutter à tout prix contre le fascisme.

Le pacte est bouclé trois jours plus tard par von Ribbentrop et son homologue soviétique, Vyatcheslav Molotov.

Cet accord occasionne une surprise dans le monde entier, conduisant à une grave crise interne des partis communistes occidentaux, ainsi que des mesures d'interdiction du Parti communiste français sous la IIIe République par les décrets Daladier.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le traité est conclu pour une durée de dix ans.
Il proclamait un renoncement au conflit entre les deux pays, ainsi qu'une position de neutralité dans le cas où l'un des deux pays signataires serait attaqué par une tierce partie. Chaque signataire promit de ne pas rassembler de forces qui seraient directement ou indirectement dirigées contre l'autre partie : «Les hautes parties contractantes s'engagent à s'abstenir de tout acte de violence, de toute agression, de toute attaque l'une contre l'autre, soit individuellement, soit conjointement avec d'autres puissances».
Le pacte inclut une aide économique de l'URSS à l'Allemagne avec d'importantes livraisons de blé, pétrole et matières premières. Celles-ci se poursuivront jusqu'à la rupture du pacte deux ans plus tard.
Il comportait également plusieurs protocoles restés longtemps secrets. Ces protocoles délimitaient les sphères d'influences de l'Allemagne nazie et de l'URSS dans les pays situés entre eux (Scandinavie, pays Baltes, Pologne, Roumanie...) ; La ligne d'un éventuel partage de la Pologne, s’il devait y avoir réorganisation territoriale, étaient également spécifiée.
Une autre de ces clauses prévoit la livraison à l'Allemagne nazie de militants communistes allemands réfugiés en URSS (elle sera exécutée comme les autres).

Les dirigeants français et britanniques comprennent que la guerre est devenue inéluctable.
Hitler n’a plus la crainte de devoir combattre sur deux fronts et le 1er septembre il attaque la Pologne, ce que Staline fera 17 jours plus tard.
Les armées soviétiques et allemandes se rencontreront sur la rivière Bug qui sera la nouvelle frontière entre les deux pays.
Cela devait déclencher la deuxième guerre mondiale car la France et la Grande-Bretagne, alliées à la Pologne, se virent obligées de déclarer la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Plus du tiers de l’ancienne Pologne est annexé à l’URSS, le reste à l’Allemagne. Staline en profite pour attaquer aussi la Finlande, annexer les pays baltes et envahir la Roumanie. Tout cela fut couché sur le papier fin septembre 1939, quand Staline fit venir à Moscou Joachim von Ribbentrop. Un communiqué commun fut signé ainsi que trois protocoles secrets qui : réglaient le partage de la Pologne ; délimitaient la nouvelle frontière germano-soviétique ; plaçaient les trois pays baltes dans la zone d’influence soviétique.
Les 28 et 29 septembre un traité d’amitié soviéto-allemande était signé à Moscou. Il définissait les lignes de partage des frontières en Pologne ainsi que des « zones d’influence » dans les pays baltes et les méthodes communes de lutte contre la « conspiration indépendantiste » de la population polonaise. Dans la foulée, plusieurs conférences communes entre les polices politiques nazies et soviétiques (Gestapo et NKVD) ont eu lieu.
Staline appliqua avec soin les obligations du Pacte. Il ne se contenta pas de livrer à Hitler du pétrole, du fer, du charbon et du blé, il lui livra également près d’un millier de communistes allemands et autrichiens (dont de nombreux Juifs) qui s’étaient réfugiés sur la terre soviétique.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ce pacte prend fin le 22 juin 1941 lors de l'attaque de l'URSS par l'Allemagne hitlérienne au cours de l'Opération Barbarossa.