Les accords de Munich

Dans la nuit du 30 septembre 1938, Hitler, Mussolini et les deux Premiers ministres anglais et français, Chamberlain et Daladier, signent à Munich un accord sur le statut de la Tchécoslovaquie.
Le gouvernement tchécoslovaque, peu enclin à admettre cette rupture du traité de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye, a dû se soumettre aux volontés des grandes puissances. L'Allemagne est la grande gagnante de cette rencontre. Hitler envahira les Sudètes dès le lendemain, commençant ainsi le démantèlement de la seule démocratie d’Europe centrale. Les accords de Munich deviendront par la suite le symbole de la faiblesse des démocraties européennes face à la montée des fascismes.

Après l'annexion de l'Autriche en mars1938, Hitler souhaite annexer les Sudètes, territoires périphériques de la Tchécoslovaquie, au Reich. Il justifie cette revendication par le fait que ces territoires sont majoritairement peuplés d'Allemands. En réalité on en compte environ 3 millions dans une Tchécoslovaquie de 15 millions d'habitants. Malgré l’opposition des chefs militaires et des conseillers du Führer, la guerre semble inévitable.

Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain espère sauvegarder la paix en multipliant les gestes d'apaisement envers Hitler et éventuellement en lui offrant quelques colonies africaines. Après avoir consulté ses alliés et persuadé les Tchécoslovaques de la nécessité de trouver un arrangement, il fait savoir au Führer qu'il est disposé à accepter une rectification de frontières.
Convaincu dans sa volonté de défaire le ''diktat'' du Traité de Versailles du 28 juin 1919, Hitler choisit de surenchérir en exigeant la cession des Sudètes.

Face à la puissance de l’armée allemande, la France et la Grande-Bretagne hésitent à défendre l'intégrité de ce petit pays qu’est la Tchécoslovaquie. Mais une invasion des Sudètes par l'armée allemande ne pourrait rester impunie... Chacun craint le pire.
Alors que la guerre est imminente, une conférence internationale de la dernière chance est organisée, en l'absence des Tchécoslovaques, principaux intéressés. Les 29 et 30 septembre 1938, Hitler rencontre Mussolini, Chamberlain et Daladier au Führerhaus, à Munich.

Après 12 heures de négociations épuisantes, dans le but d'éviter pensent-ils, un nouveau conflit européen, Daladier et Chamberlain finissent par accepter le "compromis" présenté par Mussolini au terme duquel le gouvernement de Prague est tenu d'évacuer les Sudètes dans les dix jours et de démanteler ses forteresses de la frontière.



 

 

 

 

 

 

 

 

La Tchécoslovaquie est ainsi abandonnée aux Nazis dans une illusoire tentative de sauver la paix en Europe. Dès le lendemain, l'armée allemande pénètre en Tchécoslovaquie et annexe les Sudètes.

Pour la République tchécoslovaque, l'annonce de la signature des accords de Munich fut un coup terrible.
Moins de vingt ans après la proclamation de l'indépendance sur les ruines de l'empire Austro-hongrois, ce texte entérinait dans les faits le démantèlement du jeune État.
La région des Sudètes se voyait rattachée au Reich, conformément au souhait du Führer et de Konrad Heilein, le dirigeant du Parti Allemand des Sudètes financé par les nazis.
L'Allemagne ne fut cependant pas la seule à s'agrandir aux dépens de l'État tchécoslovaque.
La Pologne obtint l'annexion de la région de Teschen sur la base du peuplement majoritairement polonais de la zone.
Au final, lors des accords de Munich, la Tchécoslovaquie perdit 30% de son territoire, 34% de sa population ainsi que la majeure partie de son potentiel industriel (70% des capacités de production d'acier et d'électricité).
Dans ses conditions, la souveraineté de l'État tchèque n'est déjà plus que toute théorique.
La répartition des territoires restants fut ensuite promptement menée : quelques mois plus tard, lors de « l'arbitrage de Vienne » l'Italie et l'Allemagne entérinaient l'annexion par la Hongrie d'une large portion du territoire Tchécoslovaque sur sa frontière sud.
Puis, en mars 1939 les troupes allemandes pénètrent en Bohême-Moravie, cœur historique de la nation tchèque. Emil Hacha, président de l'éphémère deuxième république tchécoslovaque fut convoqué à Berlin et contraint d'accepter l'occupation Allemande de son pays, rebaptisé protectorat de Bohême-Moravie au sein du Reich.
Parallèlement, la partie Slovaque déclarait son indépendance pour immédiatement devenir un satellite de l'Allemagne nazie tandis que la Hongrie enfonçait le clou en annexant la Rhuténie Carpatique à l'extrême sud du territoire slovaque.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Petit Parisien
1er octobre 1938