Le pangermanisme

Le pangermanisme est une idée politique qui prétend que toutes les personnes ayant l'allemand comme langue font partie d'un même peuple et doivent être regroupées, de gré ou de force, dans un seul État. Née en Allemagne au cours du XIXe siècle, cette idée anime le mouvement de l'unification allemande qui aboutit à la création du IIe Reich allemand en 1871. Elle prend de l'importance dans les décennies précédant la Première Guerre mondiale.

Après la Première Guerre mondiale, l'influence de l'Allemagne en Europe fut considérablement réduite et ébranla les rêves d'empire colonial pour les pangermanistes. L'Allemagne fut humiliée et l'empire austro-hongrois divisé en de nombreux États : la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, ainsi que la Roumanie séparèrent de nouveau le peuple allemand.

Dès 1924, dans Mein Kampf, Hitler annonce que l'avenir du peuple allemand passe par son unification et la conquête de l'Est européen qu'il estime sous occupé. Il en fait une des bases du programme des nazis.

A la Conférence de Lausanne de 1932, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France acceptèrent formellement de suspendre le paiement des réparations imposées aux pays vaincus après la Première Guerre mondiale.
Après avoir pris le pouvoir en 1933, Adolf Hitler entama une politique radicale appliquant le pangermanisme. En janvier 1933 lorsqu' il devint chancelier d'Allemagne, les dispositions financières du Traité de Versailles (l'accord de paix qui avait été conclu en juin 1919) avaient déjà été révisées. Hitler était déterminé à annuler les dispositions militaires et territoriales du traité et à inclure les populations d'ethnie allemande dans le Reich, en vue de la création d'un empire germanique en Europe.
Les forces armées allemandes se lancèrent dans un programme secret de réarmement avant même la prise du pouvoir par les Nazis. Par la suite, les nazis poursuivirent ce programme et développèrent rapidement la production d'armement. La conscription fut réintroduite le 16 mars 1935, en violation ouverte du Traité de Versailles. Au même moment, Hitler annonçait l'augmentation des effectifs de l'armée allemande à plus de 500 000 hommes.

Par le Traité de Locarno de 1925, l'Allemagne avait reconnu à la fois l'inviolabilité de ses frontières avec la France et la Belgique, et la démilitarisation de la Rhénanie.

Le 7 mars 1936, Hitler dénonçait cet accord et donnait l'ordre à l'armée allemande (la Wehrmacht) d'entrer en Rhénanie. Cette décision d’Hitler fut condamnée par la Grande-Bretagne et la France, mais aucune nation n'intervint.

Le 12 mars 1938, après une longue période d'intense propagande en Autriche, les troupes allemandes pénétrèrent dans le pays, avec le soutien de la plus grande partie de la population. L'Autriche fut incorporée à l'Allemagne le jour suivant. En avril, l'annexion allemande fut approuvée de façon rétroactive par un plébiscite manipulé ; 99% du peuple autrichien se serait prononcé en faveur de l'union (connue sous le nom de « Anschluss ») avec l'Allemagne. Ni les Juifs, ni les Tsiganes ne furent autorisés à voter lors de ce plébiscite.

En 1938, Hitler brandit la menace d'une guerre en Europe si les Sudètes, zone frontière de la Tchécoslovaquie avec une importante population allemande, n'étaient pas cédés à l'Allemagne. Les Premiers ministres français et britannique, le Duce italien et Hitler se réunirent lors d'une conférence à Munich, en Allemagne, les 29 et 30 septembre 1938, pendant laquelle ils acceptèrent l'annexion des Sudètes par l'Allemagne en échange d'une promesse de paix de Hitler. La Tchécoslovaquie, qui n'avait pas participé aux négociations, accepta sous la forte pression de la Grande-Bretagne et de la France.

Le 15 mars 1939, Hitler viola l'accord de Munich et lança une attaque contre l'Etat tchécoslovaque. Les provinces tchèques de Bohême et Moravie furent occupées et proclamées protectorat allemand. La Slovaquie devint un Etat indépendant, étroitement allié au Reich. La Hongrie, qui avait déjà annexé des territoires en Slovaquie méridionale après la conférence de Munich, intégra dans ses frontières l'Ukraine transcarpatienne. La Tchécoslovaquie cessa d'exister.

Le 23 mars 1939, l'armée allemande occupa soudainement la ville libre de Memel. La Lituanie fut incapable de s'opposer à cette occupation. Hitler posa également des exigences territoriales à la Pologne au printemps 1939. Il exigea l'annexion de la ville libre de Dantzig à l'Allemagne, et un droit d'accès extraterritorial pour l'Allemagne par le Corridor polonais jusqu'en Prusse orientale.

Convaincu qu’Hitler ne négocierait pas de bonne foi, la Grande-Bretagne et la France garantirent l'intégrité du territoire polonais contre une agression allemande. Hitler étant déterminé à attaquer la Pologne, l'Europe se trouva au bord de la guerre à la fin de l'été 1939.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'extension de l'Allemagne nazie (1935-1939)