Les J.O. de 1936

Les jeux olympiques d'été de 1936 furent un jalon non négligeable dans la consolidation de l’image de marque du régime hitlérien sur la scène internationale, cela en dépit de son caractère notoirement raciste et ouvertement belliqueux.
Les attitudes des gouvernements occidentaux qui, en faisant confiance à Adolf Hitler et à ses promesses en faveur des Juifs et de la non-discrimination raciale en général, entamaient une série de capitulations dont les Accords de Munich seront l’apothéose.
Le Comité international olympique lui-même a été accusé d'avoir une part de responsabilité dans l’édification de l'image positive de l’hitlérisme.

Hitler a le soutien de Pierre de Coubertin qui bien qu'ayant démissionné du CIO en 1925, participa activement à l'organisation de ces jeux. Il en fit le discours de clôture en prononçant ces mots : « Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir... ». Coubertin admirait Hitler, et à la question qu'on lui posait de ce soutien, il répondait : « Comment voudriez-vous que je répudie la célébration de la XIe Olympiade ? Puisque aussi bien cette glorification du régime nazi a été le choc émotionnel qui a permis le développement qu’ils ont connu ». Selon Coubertin, Hitler a ainsi beaucoup fait pour le retentissement des Jeux olympiques.

Vitrine de la propagande nazie, les JO de 1936 ont été l'occasion pour le régime de démontrer sa puissance. Les JO d'hiver et d'été ont été organisés en Allemagne : à Garmisch-Partenkirchen, en février pour les épreuves d'hiver et à Berlin, au mois d'août, pour les épreuves d'été.

En août 1936, pendant la durée des épreuves, le régime nazi essaya de camoufler la violence de sa politique raciste. La plupart des panneaux antisémites furent provisoirement enlevés et les journaux mirent leurs attaques en sourdine. De cette façon, le régime exploita les Jeux olympiques pour fournir aux spectateurs et aux journalistes étrangers une fausse image d'une Allemagne pacifique et tolérante.

Les Nazis soignèrent particulièrement la préparation de ces Jeux d'été, qui se déroulèrent du 1er au 16 août. Un immense complexe sportif fut construit, des drapeaux olympiques ainsi que des drapeaux à croix gammée ornaient les monuments et les bâtiments d'un Berlin en fête et bondé. La plupart des touristes ne savaient pas que le régime nazi avait provisoirement enlevé les panneaux antisémites ni que le ministère allemand de l'Intérieur venait d'organiser une rafle de Tsiganes à Berlin. En effet, le 16 juillet 1936, quelques 800 Tsiganes résidant à Berlin et dans les environs furent arrêtés et internés sous surveillance policière dans un camp spécial de la banlieue de Berlin, à Marzahn. Les autorités nazies ordonnèrent également que les visiteurs étrangers ne fussent pas passibles des poursuites pénales prévues par les lois anti-homosexuels.

Le 1er août 1936, Hitler ouvrit la XIe Olympiade. Des fanfares dirigées par le célèbre compositeur Richard Strauss annoncèrent à une foule, essentiellement allemande, l'arrivée du dictateur. Des centaines d'athlètes défilèrent en tenue de parade dans le stade, équipe par équipe par ordre alphabétique. Inaugurant un nouveau rituel olympique, un coureur arriva en portant une torche transmise en relais depuis le site des anciens Jeux à Olympie, en Grèce.
Quarante-neuf équipes sportives provenant du monde entier participèrent aux Jeux olympiques de Berlin, plus qu'à aucune autre édition précédente. Avec 348 membres l'Allemagne présenta l'équipe la plus nombreuse. Venait ensuite l'équipe des Etats-Unis, avec 312 membres dont 18 Noirs américains. Le président du Comité olympique américain, Avery Brundage, menait la délégation. L'Union Soviétique ne participa pas aux Jeux.

Sur le plan intérieur, les Jeux furent utilisés par le régime nazi pour renforcer l'adhésion populaire envers Hitler. Ils servirent de support de propagande, dont l'expression la plus connue est le film « Les Dieux du stade » de Leni Riefenstahl. Au niveau de la politique extérieure, les Jeux olympiques contribuèrent à faire passer momentanément Hitler pour un pacifiste et de rassurer l'Europe quant à ses intentions belliqueuses.

Une controverse nourrie surgit relative au salut olympique de quelques délégations devant la tribune officielle présidée par Adolf Hitler. Le salut olympique s'inspire du salut du Bataillon de Joinville bras tendu puis replié vers le torse ainsi que le justifia Pierre de Coubertin dont les jeux olympiques de 1924 furent les derniers qu'il organisa.
Lors des Jeux Olympiques de 1936, La Grèce qui est toujours le premier pays à faire son entrée sur le stade fit le salut olympique, ainsi que le Canada, la France et l'Italie. Majoritairement, les autres nations choisirent de se découvrir la tête, de saluer militairement ou de ne pas saluer.
Les nazis assimilèrent le salut olympique au salut fasciste, et crurent à l'adhésion des délégations à leur idéologie, ce qui déclencha des applaudissements nourris et des levées de saluts fascistes en réponse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivée d’Hitler au stade olympique pour assister à la cérémonie d'ouverture

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

Remise de récompenses (salut nazi de rigueur)