Loi sur la sterilisation des handicapes

Hitler et l’idéologie nazie considéraient le handicap comme un signe de dégénérescence, et voyait presque n’importe quel handicapé comme « une vie indigne de vivre », et comme une « bouche à nourrir inutile »...

Plus de 400000 handicapés ont été stérilisés de force …

Une opération de mise à mort formelle connue sous le nom d’« Aktion T-4 » a rapidement suivie, elle était conçue spécifiquement pour les handicapés ; plus de 275000 personnes handicapées furent tuées dans le programme « Aktion T-4 », sans compter toutes celles qui périrent dans les camps de concentration et après la fin de la période officielle de ce programme.

Le premier programme eugéniste de l'État hitlérien fut une campagne de stérilisation forcée. Conformément à une loi de juillet 1933, 400000 Allemands, hommes et femmes, dont on avait diagnostiqué qu'ils portaient (ou étaient susceptibles de transmettre) des facteurs biologiques considérés comme héréditaires et indésirables, furent soumis à une stérilisation chirurgicale.
Ce programme de stérilisation légitima une sélection imposée par l'État sur la base de caractéristiques que le savoir médical définissait comme indésirables.
En 1935, les lois raciales de Nuremberg étendirent l'eugénisme aux caractéristiques raciales et ethniques. La sélection des « indésirables », toujours selon la loi sur la stérilisation, conduisit à ce que des enfants handicapés soient éliminés physiquement. Ce fut ensuite le tour des adultes internés dans des hôpitaux psychiatriques, qui furent triés et tués dans une opération connue sous le nom de code Aktion T-4.


De 1933 à 1945, Adolf Hitler et ses séides ont mis en pratique une politique d'hygiène raciale qui comportait sa case Handicap.
Dès le 1er janvier 1934, quelques mois après avoir pris le pouvoir, le Parti National Socialiste allemand mettait en œuvre cette politique qui instaurait la stérilisation systématique des personnes ayant un handicap d'origine congénitale : surdité, cécité, maladies mentales, malformations physiques, épilepsie... Le nazisme ne réservait ni place ni rôle aux personnes handicapées : considérées comme improductives et inutiles, elles constituaient une charge pour une Allemagne à laquelle une tâche était assignée, dominer le monde et lui imposer une économie capitaliste de type nouveau.

La population allemande était endoctrinée pour accepter ce « traitement » des personnes handicapées.
A l'école, ce problème d'arithmétique était, par exemple, soumis aux élèves : « Un malade mental coûte quotidiennement environ 4 Reichsmarks, un infirme 5,5 RM, un criminel 3,5 RM, un apprenti 2 RM. Faites un graphique avec ces chiffres. D'après de prudentes estimations, il y aurait en Allemagne 300000 malades mentaux, épileptiques, etc. qui reçoivent des soins permanents. Calculez combien coûtent annuellement ces 300000 malades mentaux et épileptiques. Combien de prêts non remboursables aux jeunes ménages à 1000 RM pourrait-on faire si cet argent pouvait être économisé ? ».
Mais le fondement « scientifique » de la politique nazie se trouve chez des tenants du darwinisme; c'est le cas dans l'ouvrage publié en 1920 par le juriste Karl Binding et le psychiatre Alfred Hoche, « Une vie sans valeur de vie ». Ce qu'Adolf Hitler traduira dans « Mein Kampf » : « La nature ne destine à vivre que les meilleurs et anéantit les faibles ».

Le programme d'extermination des handicapés et malades mentaux commence en 1940, ce sont des médecins qui ouvrent le robinet dans les chambres à gaz camouflées en douches.
En effet, ce qui caractérise le programme « d'hygiène raciale » nazi, c'est qu'il a été techniquement élaboré et exécuté par des médecins : une approche scientifique de la sélection reposant sur une décision médicale de vie ou de mort, sous l'égide du Comité du Reich pour l'étude scientifique des maladies graves, héréditaires et congénitales créé et dirigé par les médecins Karl Brandt et Philip Bouhler. Les camps d'extermination furent au nombre de six, couvrant tout le territoire allemand. Les victimes étaient transportées par une société spécialisée, Gekrat, dans des autocars banalisés. Elles étaient asphyxiées dans des chambres à gaz, ou assassinées par injection médicamenteuse; leurs cadavres furent, durant la première année, incinérés.

Ce procédé prenant trop de temps, il fut remplacé lors de la seconde vague d'extermination par l'ensevelissement en fosses communes, camouflées en simples tombes.
Durant la première année (1940-41), plus de 70000 personnes furent ainsi exterminées.
Des unités mobiles sont élaborées à la demande d'Heinrich Himmler, chef de la S.S : les victimes sont enfermées dans des camions dont l'échappement du moteur est dérivé pour les asphyxier. Elles sont ensuite incinérées dans les campagnes.
Les techniques élaborées pour assassiner les personnes handicapées et les malades mentaux furent, jusqu'en mai 1945, déployées dans les camps d'extermination dans lesquels les juifs étaient massivement déportés.
Malgré le secret imposé aux personnels qui perpétraient ces exterminations, les disparitions et l'inquiétude des familles conduiront le clergé à protester officiellement.
Hitler ordonna, le 24 août 1941, l'arrêt du plan d'extermination des personnes handicapées et des malades mentaux, le programme T4.
Celui-ci fut poursuivi plus discrètement jusqu'à la chute du régime nazi, en mai 1945.
On estime au total à 100000 personnes les victimes de ce programme d'extermination « thérapeutique ».