Le Troisieme Reich


L'arrivée au pouvoir des Nazis signifia la fin de la République de Weimar, une démocratie parlementaire instaurée en Allemagne après la Première Guerre mondiale. Lorsqu'Adolf Hitler fut nommé au poste de chancelier, le 30 janvier 1933, l’État nazi (appelé « le Troisième Reich ») devint vite un régime où les droits élémentaires n'étaient plus respectés.

Il s'agit d'un Etat totalitaire dont la devise est « un seul peuple, un seul Etat, un seul chef ». Ses caractéristiques sont les suivantes:
- la répression contre les opposants menée par les S.S.(branche armée du parti nazi) et la Gestapo (police secrète) sous la direction d'Himmler. La délation est encouragée, en particulier à la jeunesse.
- l'antisémitisme, qui au fil des années augmente d'intensité. Jusqu'en 1939, l'objectif des nazis est de persécuter les juifs pour les pousser à quitter l'Allemagne. Dès 1933, ils sont exclus de l'administration, puis de certaines professions, et mêmes de l’accès à certains spectacles (cinéma, concerts.....). En 1935, les lois de Nuremberg interdisent en particulier les mariages et les relations sexuelles entre juifs et aryens. Enfin, en 1938, la "nuit de cristal" inaugure une politique de terreur et de confiscations des biens des juifs. En janvier 1941, Hitler décidera l'extermination de toute la population juive d'Europe.
- l'embrigadement de la jeunesse qui s'effectue surtout dans le cadre des Jeunesses hitlériennes; l'adhésion y est obligatoire entre 6 et 18 ans. Les activités sont consacrées à l'endoctrinement et à la formation militaire.
- la propagande, dirigée par Goebbels, repose surtout sur la radio et sur de grands rassemblements organisés fréquemment à travers tout le pays. Elle sert en particulier à justifier les choix économiques.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hitler devant des membres S.A et S.S. à Nuremberg

 


Le 1er février, l'assemblée est dissoute, le 3 février Hitler s'assure du soutien de l'armée et exige le lendemain du président qu'il prenne une ordonnance contre les opposants au régime : le temps de la dictature est venu.

Au lendemain du 4 février 1933, des SA et SS transformés en police politique arrêtent les opposants au nazisme. Des autodafés sont organisés afin de détruire toutes les lectures jugées controversées. Peu à peu, les Landtage (parlements locaux) sont désossés et leurs attributions reviennent au pouvoir central.

A Berlin comme dans d'autres villes universitaires d'Allemagne, les livres « antiallemands » et immoraux furent rassemblés et brûlés par des étudiants (autodafé de la place de l'Opéra à Berlin). Le ministre du Reich, Goebbels s'adresse aux jeunes : « Etudiants, hommes et femmes d'Allemagne, l'époque de l'excessif intellectualisme juif est maintenant terminée. Le triomphe de la révolution allemande a ouvert une nouvelle voie, une voie allemande. L'Allemand du futur ne sera pas seulement un homme de livres, ce sera aussi un homme de caractère, et c'est là le but que nous fixons à votre éducation. Avoir dès un jeune âge le courage de regarder directement dans les yeux impitoyables de la vie. Répudier la peur de la mort pour retrouver le respect de la mort. C'est là la mission des jeunes, et vous faites donc bien à cette heure tardive de confier aux flammes les ordures intellectuelles du passé. C'est une grande entreprise symbolique, une entreprise qui montrera au monde que les bases intellectuelles de la république de Weimar ont été détruites, mais que de leurs ruines le seigneur d'un nouvel esprit émergera victorieux. ».


 

 

 

 

 

 

 

Autodafé à Berlin le 19 mai 1934

 

Après l’incendie suspect du Reichstag, le 28 février 1933, le gouvernement publie un décret suspendant tous les droits constitutionnels civils, instaurant un état d’urgence dans le cadre duquel les décrets pourraient être adoptés sans ratification parlementaire.

Dans ses premiers mois passés à la chancellerie, Hitler institue une politique de « mise au pas », c'est à dire d’alignement des individus et des institutions sur les objectifs nazis. La culture, l’économie, l’éducation et la loi passèrent toutes sous le contrôle des Nazis.
Le régime tente également d'aligner les églises allemandes sur sa doctrine et, bien que n’y ayant pas entièrement réussi, il obtint le soutien de la majorité des membres des clergés catholique et protestant.

Le parti nazi sort vainqueur des élections du 5 mars 1933. Le 20 mars Hitler proclame le IIIe Reich, date à laquelle ouvre le premier camp de concentration Dachau.

Le 21 mars 1933, le nouveau Reichstag est intronisé par une cérémonie, à Potsdam, qui réunit le président Hindenburg, et le nouveau chancelier Hitler

Si le leader nazi entretient un rejet de l'autre, il mène également une certaine politique en faveur des plus défavorisés, choisis s'ils sont aryens. Mutuelle, prestations sociales, loisirs... sont quelques-unes des actions menées. Toutefois la fin de la démocratie se profile de plus en plus, et le 2 mai 1933, les syndicats sont dissous


 

 

 

 

 

 

Hitler le
1er mai 1933

 

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1934 (la nuit des longs couteaux), affolé par de fausses rumeurs de tentative de coup d'état fomenté par Ernst Röhm, Hitler lance les SS de Heinrich Himmler, avec le soutien bienveillant de l'armée, dans une opération d'envergure contre ceux qui formaient un obstacle à son pouvoir.

Le 14 juillet le parti national socialiste devient le parti unique du pays

Le 2 août 1934, le président de la République de Weimar Paul von Hindenburg meurt. Le cabinet d'Hitler ne convoque pas de nouvelles élections, comme l'exige la Constitution, mais adopte une loi transférant le rôle et les pouvoirs du chef de l'Etat au Führer.

Une propagande massive sert à diffuser les objectifs et idéaux du régime. Hitler assume les pouvoirs de la présidence. Les officiers de l’armée lui prêtent un serment de loyauté personnelle.
La dictature d’Hitler s’appuie sur sa position de président du Reich (le chef de l’État), de chancelier (le chef du gouvernement) et de Führer (le chef du parti nazi.) Selon le « principe du Führer », Hitler se tient en dehors de l’État légal et tranche en personne les questions politiques.

Hitler détermine à la fois la législation intérieure et la politique étrangère de l’Allemagne. La politique étrangère est guidée par la croyance raciste que l’Allemagne était biologiquement destinée à s’étendre vers l’est par la force militaire et qu’une population allemande accrue, de race supérieure, devrait établir une domination permanente sur l'Europe orientale et en l'Union Soviétique. Les femmes devaient jouer un rôle important. La politique populationniste agressive du Troisième Reich encouragea les femmes « racialement pures » à porter le plus grand nombre possible d’enfants « aryens ». Dans ce cadre-là, les peuples « racialement inférieurs », tels que les Juifs et les Tsiganes, devaient être éliminés. La politique étrangère nazie eut pour but dès l’origine de mener contre l’Union Soviétique une guerre d’annihilation, et les années de paix du régime se passèrent dans la préparation à la guerre.

C’est dans le contexte de cette guerre idéologique que les Nazis planifièrent et réalisèrent la Shoah, le meurtre de masse des Juifs, considérés comme les ennemis « raciaux » par excellence.

Les critiques ouvertes du régime furent supprimées par la Gestapo (police secrète d'État) et par le service de sécurité (la SD) du parti nazi. Cependant le gouvernement d’Hitler était populaire auprès de la majorité des Allemands.

Il exista toutefois en Allemagne une certaine forme d’opposition à l’Etat nazi, allant du non-conformisme à la tentative d’assassiner Hitler le 20 juillet 1944.