Mein Kampf

A la prison de Landsberg am Lech, en Bavière, Hitler a eu le loisir de dicter à son fidèle Rudolf Hess un épais manuscrit : Mein Kampf (Mon combat).

Il y annonce son projet politique pour l'Allemagne, sa vision d'une Grande Allemagne, du nazisme et de la thèse d'une race supérieure : les aryens.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mein Kampf est tout à la fois un document autobiographique, le récit de la naissance et du premier développement du parti nazi, et un essai et manifeste politique qui énonce les bases idéologiques du programme politique de son auteur.

Mein Kampf exprime plusieurs ambitions difficilement dissociables : le désir d'assimilation culturelle des Juifs (l'extermination physique n'étant à l'époque pas évoquée) et des Tziganes au nom d'une théorie raciale, d'une militarisation expansionniste et d'un renouveau national allemand teinté de revanchisme.

Il annonce sans ambiguïté le programme du parti nazi, fondé notamment sur la volonté de réunification des territoires à population germanique (le pangermanisme) ainsi que la nécessité de s'assurer, en Europe de l'Est, un « espace vital » allemand.
Il comporte des menaces précises, qui firent écrire au maréchal Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». De même, Pie XII déclarait en 1929 : « Ou bien je me trompe vraiment beaucoup, ou bien tout cela ne se terminera pas bien. Cet être-là est entièrement possédé de lui-même : tout ce qu'il dit et écrit porte l'empreinte de son égoïsme ; c'est un homme à enjamber des cadavres et à fouler aux pieds tout ce qui est en travers de son chemin - je n'arrive pas à comprendre que tant de gens en Allemagne, même parmi les meilleurs, ne voient pas cela, ou du moins ne tirent aucune leçon de ce qu'il écrit et dit. Qui parmi tous ces gens, a seulement lu ce livre à faire dresser les cheveux sur la tête qu'est Mein Kampf ? ».

Célèbre depuis son putsch et son procès, Adolf Hitler se présente comme le seul personnage capable de sortir le pays de la profonde crise économique et sociale qu'il traverse, depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Le politicien multiplie les apparitions publiques et façonne le mythe du Führer, le « guide ».

A partir de 1926, Hitler instaure le salut nazi, bras droit levé. Le choix de la croix gammée, svastika, date du début des années 1920.
Les thèses raciales nazies sont inspirées des écrits d'Alfred Rosenberg, pour qui le peuple aryen, ancêtre des Germains ayant envahis l'Europe du Nord, est supposé être supérieur.