Daniel TROCME

 Daniel Trocmé est né le 28 avril 1912 à Verneuil-sur-Avre dans l’Eure.

Il enseigne la physique-chimie et les sciences naturelles de 1937 à 1939 au lycée de Chateaubriand à Rome.

Quand Daniel Trocmé commence sa carrière d’enseignant et se trouve au lycée Chateaubriand à Rome, Hitler est au pouvoir en Allemagne depuis plusieurs années et a déjà mis en œuvre de nombreux principes de l’idéologie qu’il défend, le nazisme. Parmi ces principes, les idées racistes et antisémites occupent une place centrale. En Italie aussi le régime fasciste de Mussolini se radicalise et adopte en 1938 les lois antisémites sur le modèle allemand.
La France alors est encore une République démocratique, mais l’antisémitisme y est très présent. En 1940 la France est battue et occupée dans sa partie nord par l’Allemagne. La IIIème République est abattue et remplacée par l’Etat français à la suite d’un coup d’Etat que légalisa le Parlement le 10 juillet 1940 : c’est une dictature dirigée par le Maréchal Pétain. Cette dictature dont la capitale est à Vichy (et qu’on appelle aussi le régime de Vichy) est très influencée par les idées nazies. Elle adopte aussi une politique antisémite et des lois raciales. De plus ce régime décide de collaborer avec l’Allemagne nazie et en particulier de participer à la déportation des Juifs français et étrangers qui avaient trouvé refuge en France.
C’est par conséquent dans un contexte particulièrement dur que Daniel Trocmé décide de rejoindre son oncle André Trocmé, pasteur. Cet homme était installé depuis quelques années au Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire et avait réussi à convaincre les membres de sa communauté de refuser les lois de Vichy, les lois antisémites et de refuser de participer à la persécution des populations visées par le régime (Juifs, Républicains espagnols, notamment). Il faut dire qu’André Trocmé se trouve dans une région particulière, le village du Chambon-sur-Lignon est un village qui a une longue tradition de résistance. Quand Louis XIV à partir de la Révocation de l’Edit de Nantes (l’Edit royal de tolérance qui autorisait la religion protestante aux côtés de la religion catholique) de 1683 voulut éradiquer le protestantisme du royaume, il se heurta dans certaines régions à la résistance des populations, en particulier dans le sud du Massif central, dans la région qu’on appela le Désert.

De retour en France,donc, Daniel Trocmé accepte en 1942 la proposition de son oncle, le pasteur André Trocmé, de diriger au Chambon-sur-Lignon une maison accueillant des enfants de parents déportés : la maison des Grillons. Il prend aussi en charge un foyer d’étudiants étrangers principalement juifs, le foyer des Roches.

Le 29 juin 1943, à la suite d’une dénonciation, Daniel Trocmé est arrêté par la Gestapo lors d’une rafle à la Maison des Roches, l’un des internats du collège cévenol, avec dix-huit jeunes de 18 à 25 ans dont il avait la responsabilité.
Il aurait pu fuir, mais à l’instar de Janus Korczak, il refuse d’abandonner ses élèves.
Il est envoyé à la prison de Moulins, puis dans un camp de transit à Compiègne.
Il est ensuite déporté aux camps de Buchenwald et de Dora. A cause de ses problèmes cardiaques, il alla à l’infirmerie du camp et fit partie d’un convoi de 1200 personnes dirigées le 27 mars 1944 au camp d’extermination de Maïdanek où il meurt en avril 1944 (très probablement le 2 avril) à l’âge de 32 ans.

En 1976, le Mémorial de Yad Vashem décida de remettre à Daniel Trocmé le titre de « Juste parmi les nations » ainsi qu’au village du Chambon-sur-Lignon à titre collectif. Le Chambon-sur-Lignon a été un des rares cas de sauvetage collectif de juifs pendant la guerre.

Dans les pays occupés, la Résistance souvent très minoritaire au départ a consisté à lutter contre l’oppression et la barbarie fasciste et nazie. Pour certains il s’est agi d’une action combattante, pour d’autres comme Daniel Trocmé elle a consisté à protéger, cacher, soutenir des populations persécutées. Et c’est ainsi que des milliers d’individus ont pu survivre et traverser la nuit de la 2ème guerre mondiale. Si l’on ne saura jamais le nombre exact de personnes que la population du Chambon-sur-Lignon a sauvé, celui qui dans la clandestinité devait faire pour eux des faux-papiers estime qu’il s’approchait de 5000, soit une personne sauvée par habitant de la région.