Les femmes dans la Résistance

La place des femmes dans la résistance a été reconnue tardivement dans l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale. En effet, c'est à partir du moment où la communauté scientifique s’est penchée sur la résistance quotidienne, loin des luttes armées, que l'importance du rôle des femmes a réellement émergé.

Cacher, héberger, nourrir, approvisionner : telles étaient les missions que la majorité d'entre elles exerceraient dans la clandestinité. Au sein des réseaux, elles assuraient les travaux de secrétariat, étaient agents de liaison ou officiaient dans les services sociaux. Elles se faisaient aussi trublions dans les manifestations publiques. D’autres avaient rejoint les unités de la France Libre, comme médecins, infirmières, aviatrices.

Leur engagement a été peu valorisé à la Libération, ce que traduisent les chiffres : on ne compte que 6 femmes parmi  les 1059 Compagnons de la Libération; de même, seulement 10% des Médaillés de la Résistance sont des femmes.

Mais l’année 1975 marque une tournant: dans la foulée de la vague féministe, un colloque organisé par l’Union des femmes françaises leur est consacré, premier du genre à mettre en avant leur rôle important dans la Résistance. Les publications et les travaux universitaires sur le sujet vont peu à peu se multiplier.

Décrypter les spécificités de la Résistance féminine revient à remettre en cause un schéma convenu de « La Résistance», de ses rouages, ce qui peut expliquer la frilosité des historiens à s’être penchés plus tôt sur ce volet « opaque », mais pourtant authentique, de l’histoire de la Résistance.

Les résistantes ont pu contribuer de leur côté à cette désaffection, en martelant une image « attendue » de la féminité, teintée de modestie et de discrétion.

L’histoire de cette période ne saurait pourtant s’écrire sans elles, héroïques au même titre que leurs homologues masculins. Les jeunes générations ne s’y trompent pas, qui se passionnent pour le sujet.