Martin GRAY

 

Martin Gray est une des rares personnes à avoir réussi à s'échapper d'un camp de concentration nazi.

Dans son livre "Au nom de tous les miens" il raconte son horrible expérience, la mort qui l'a suivie tout au long de sa vie.

Né en 1925, il a 14 ans lorsque «les bourreaux» (c'est comme cela qu'il désigne les nazis dans ses œuvres) envahissent la Pologne.

Transféré dans le ghetto de Varsovie où son père travaille au Judenrat (conseil juif chargé de la gestion du camp par les occupants), il trouve le moyen d'en sortir en soudoyant des soldats nazis et devient ainsi un contrebandier.

 

Plusieurs fois par jour il fait des allers-retours pour ramener de la nourriture dans le ghetto grâce aux tramways. Lors d'une rafle, son père est attrapé pour se faire déporter.

Malheureusement, lors d'une seconde rafle son père est déporté vers l'Est. Plus tard ce sera sa mère, ses deux frères et lui-même. Ils sont déportés à Treblinka, où sa mère et ses frères sont exterminés. Compte tenu de sa santé physique il n'est pas tué et travaille dans divers kommandos, dont les sondernkommandos, qui sont chargés des fours crématoires. Il réussit à s'échapper de ce secteur et à retravailler dans les secteurs de réception des déportés.

Il travaille alors dans un kommando chargé de trier le linge et de le charger dans les wagons. Il peut ainsi s'enfuir de Treblinka en se camouflant dans un wagon. De nuit il se jette hors du train, et traverse divers villages où il informe la population de ce qui se passe à Treblinka, mais personne ne le croit.

Il rejoint Varsovie avec des faux papiers fournis par les partisans polonais. Il y retrouve son père qui avait également réussi à s'échapper. Il fait partie de l'insurrection du ghetto de Varsovie et voit son père fusillé devant ses yeux. À ce moment de sa vie il se jure de vivre et d'avoir des enfants pour que vive le souvenir des siens.

Il rejoint ensuite l'armée rouge où il finit la guerre, et marche sur Berlin le 30 avril 1945.

Suite à des différends avec l'armée et se jugeant discriminé, il déserte et rejoint sa grand-mère maternelle à New York en 1947. Durant 12 ans il y travaille, gagne sa vie, et devient un homme d'affaires important mais il demeure seul jusqu'à la rencontre de sa femme Dina en 1959.

Ils s'installent en Provence où, pendant plusieurs années, Martin pense être enfin en paix, mais le 3 octobre 1970, lors de l'incendie du Tanneron, il perd sa femme et ses quatre enfants. Au bord du suicide, il trouve néanmoins encore une fois la force de survivre et l'écriture devient alors pour lui une thérapie.

S'acharnant à faire vivre le souvenir des siens, il a fondé la fondation Dina Gray à vocation écologique, chargé de lutter contre les incendies de forêts et pour la protection de l'Homme à travers son cadre de vie.

Depuis, Martin Gray s'est remarié (avec Virginia), a eu cinq enfants, a créé plusieurs fondations philanthropiques et continue à donner des conférences à travers le monde, pour raconter l'indicible.

En 2001, après plus de 30 années passées en France, Martin Gray s'installe à Bruxelles près de la gare d'Uccle-Stalle. A son âge (plus de 80 ans), il ne pouvait plus habiter la campagne et recherchait un lieu de culture, une ville. Mais Paris est trop grand pour lui, et sa femme est belge...

Malgré une douzaine d'ouvrages publiés, Martin Gray dit ne pas se considérer lui-même comme écrivain, mais plutôt comme un témoin. "Je n'écris pas, je crie" affirme-t-il dans une interview récente. Il n'est pas qu'un gardien de la mémoire : il continue de croire en un monde plus juste. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Martin Gray est décédé le 25 avril 2016, à l'âge de 94 ans.

Il s'adressait régulièrement à des classes, ou répondait aux milliers de lettres venues du monde entier en martelant son message: «On peut toujours reconstruire, même sur des ruines.»