Prisonniers de Guerre

À l’été 1940, plus de 1 600 000 hommes sur les 1 800 000 soldats français capturés sont emmenés en Allemagne. Ces prisonniers de guerre, de tous âges, de toutes catégories socioprofessionnelles, partageront jusqu’à l’été 1945 une expérience unique, celle de la captivité, qui les inscrit au sein d’une véritable communauté.
L’ampleur du phénomène participe au traumatisme de la défaite. Presque toutes les familles sont touchées, directement ou indirectement. L’absence de cette force vive va peser lourdement sur la société et laisser des femmes et des enfants face aux difficultés du quotidien, en proie à la sollicitude appuyée du gouvernement de Vichy. Le sort des prisonniers est un enjeu majeur pour lequel tous les compromis sont tentés afin d’obtenir la libération de certains, au risque de créer des inégalités de traitement entre les captifs.
Confinés dans un premier temps dans les Frontstalags français, les prisonniers sont ensuite dispersés dans les Stalags et les Oglags d’Outre-Rhin. Leur vie s’organise au gré des besoins de l’économie allemande qui, tour à tour, se félicite et se méfie de cette main-d’œuvre forcée.
Au-delà du rappel historique des principales étapes de la captivité, ce sont bien les fils invisibles reliant les prisonniers à leur statut d’homme libre que nous souhaitons mettre en relief ; les colis et les courriers, l’activité intellectuelle et artistique permettent aux prisonniers d’échapper, symboliquement, à leur captivité.