Serge SMULEVIC

Serge Smulevic est né le 6 avril 1921 à Varsovie. La famille émigre en France en 1923. Son père s’installe comme commerçant en confection à Petite-Rosselle, près de Forbach, puis à Thionville en 1925.
Serge fait des études secondaires au Lycée de Thionville, puis l’Ecole des Beaux-Arts à Strasbourg de 1935 à 1939 dont il est diplômé.

Entré dans la résistance dans les FTP à Grenoble en 1942, il est envoyé à Nice pour contacter un responsable qui s’occupait d’enfants cachés et leur fournir des faux papiers qu’il fabrique lui-même.
Il est arrêté à Nice le 24 août 1943, sur dénonciation de sa logeuse, et incarcéré à la prison de Nice jusqu’au 1er décembre 1943, sous l’inculpation de fabrication de fausses pièces d’identité et usage de faux. A cette date il est livré avec tous les autres Juifs à la Gestapo. Transféré à Drancy, il est déporté avec 800 autres Juifs à Auschwitz le 16 décembre 1943.

Après trois jours de voyage, dans des wagons à bestiaux, il est sélectionné pour le travail. Transféré avec 200 hommes à Monowitz (Auschwitz III ), il travaille dans l'usine de la Buna, dans le même bâtiment où se trouve Primo Levi, dans le kommando des chimistes : Bau n° AZ 799. Epuisé par les interminables heures de travail et le manque de nourriture, il tombe malade mais au Revier il a la chance d’être soigné par le Professeur Robert Waitz, de la faculté de médecine de Strasbourg.

Serge Smulevic fit partie de ceux qui vécurent les Marches de la Mort.
Le 18 Janvier 1945, 9000 déportés partirent d’Auschwitz, encadrés par des centaines de SS. Beaucoup de déportés ne survécurent pas à cette marche inhumaine.
il passe par Flossenbürg pour se retrouver à Ratisbonne dans un kommando.
Suit une nouvelle « Marche de la mort » le 22 avril 1945, en direction de Dachau, où il est libéré par les troupes américaines, le 29 avril 1945. Malade du typhus et exténué par ce qu’il venait de vivre, il pèse 38 kilos… il resta à l’hôpital d’évacuation militaire jusqu’au 29 juin 1945, date à laquelle il put enfin retourner en France avec 29 kilos en plus.

À son retour en 1945, Serge Smulevic produit une série de dessins sur papier de couleur pour témoigner de ce qu’il a vécu. Témoignages puissants, il expliqua qu’il voulait détromper les artistes qui traduisaient les camps et la déportation dans des peintures ou des dessins de couleurs grises et tristes. De plus, les fonds de couleur peuvent eux aussi exprimer de la tristesse ou de l’angoisse, ils renforcent la « scène dessinée ».

En 1947, il s’installe à Bruxelles, , où il devient chef de publicité à l’agence Havas puis Directeur des services de publicité de la Société Philips où il achève sa carrière. En plus il travaille comme caricaturiste pour plusieurs quotidiens et illustrés (Le Soir, Le Soir Illustré, La Libre Belgique, Le Pourquoi-Pas). Il dessine pour la publicité, fait des pochettes de disques pour « Pathé-Marconi » et « La Voix de son Maître » ; il est passionné de jazz, et participe à des rallyes.

En 1979 il revient en France. Il est responsable des programmes à Radio-France pendant 19 ans.

Serge Smulevic a également écrit des poèmes afin d’extérioriser ce qu’il a vécu.

Serge Smulevic a continué, dans la douleur et la souffrance, à témoigner de son vécu de déporté. Il ne peut se déplacer à cause de la maladie, mais accueille chez lui, à Anglet (Pyrénées Atlantiques) des lycéens et utilise Internet pour répondre à des centaines de mails.

Sa fille, Myriam Smulevic, connue sous le surnom d’artiste Sala, peint, elle aussi, des tableaux autour de la déportation et des camps.

Serge Smulevic meurt le lundi 15 février 2010, quelques mois avant ses 89 ans.

Voir et lire quelques œuvres de Serge SULEVIC (fichier PdF)