Léon Delarbre est né le 30 octobre 1889 à Masevaux (Haut-Rhin).

Il suit des études artistiques qui s’achèvent avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Pendant quatre ans, il sera infirmier au front.

Il est nommé conservateur du Musée des Beaux-Arts de Belfort en 1929.

Trop âgé pour être mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale, il entre en Résistance dès 1941 : il s’occupe surtout du passage en zone libre de résistants recherchés ou de réfractaires.

Il est arrêté à son domicile le 3 janvier 1944 par la Feldgendarmerie.

Comme tous les Belfortains arrêtés à cette époque, il est emprisonné à la caserne Friedrich. Il est transféré deux mois plus tard à Compiègne d’où il sera déporté pour l’Allemagne le 27 avril 1944.

Léon Delarbre passe par plusieurs camps : Auschwitz, Buchenwald, Dora, Bergen-Belsen.

Il y réalise ses croquis, témoignages de l’horreur concentrationnaire.
Il parvient à ramener ses dessins sur lui en les cachant sous ses vêtements.

Les croquis de Léon Delarbre sont réalisés sur de minces bouts de papier, récupérés le plus souvent dans les bureaux du camp, chiffons dérobés ou papier fourni par les secrétaires. C’est en réalisant les portraits de ces secrétaires que Léon Delarbre parvient à obtenir en échange du papier et un crayon. Comme le papier fourni n’est pas suffisant, Léon Delarbre multiplie les moyens de récupérer un quelconque support. C’est ainsi qu’il réussit à récupérer des lambeaux de papier qui recouvrent les tuyaux de chauffage !

Réaliser ces dessins est très dangereux.
Pour se cacher, Léon Delarbre se tenait souvent derrière ses camarades, en maintenant le morceau de papier sur lequel il dessinait dans le creux de sa main.

Si certains dessins ont été réalisés de mémoire en 1945, de retour en France, la plupart sont effectués dans les camps.
Ses dessins rapidement crayonnés au péril de sa vie sont cachés sous les planches de son établi.
Lors de l’évacuation du camp de Dora, il les dissimule directement sur lui, sous sa chemise.

«Delarbre comprit tout de suite que son talent d’artiste lui imposait un nouveau devoir. Il comprit qu’il devait tenter de rapporter un témoignage précis et objectif de cette vie monstrueuse et incroyable, pour que ses croquis pris sur le vif pussent fixer l’empreinte irréfutable d’une barbarie à ce jour sans exemple.»
                                             Pierre Maho, camarade de déportation de Léon Delarbre à Dora.

 

 Voir des dessins de Léon DELARBRE